Chapitre 3 : Louve

    Aube de l’an 1000, Quelque part dans les Alpes française.

    Le petit groupe s’était arrêté pour la nuit. Marcus et Faith préparaient le campement, tandis que les deux autres moines cherchaient du bois pour le feu.
     "Nous approchons, du repaire des Tueurs Noirs, il nous faudra donc redoubler de vigilance", dit Marcus, "car s’ils ont eu connaissance de la prophétie, ils vont tenter de tout faire pour nous empêcher d’approcher le lieu du rituel."
     Faith acquiesça d’un signe de tête, c’était maintenant que les difficultés allaient commencer. Jusque là, ce voyage avait été un plaisir, après plusieurs semaines emprisonnée dans sa cellule de la prison de Los Angeles. Une chevauchée en plein air, même en hiver, était largement préférable à l’emprisonnement et Faith appréciait chaque instant de liberté.
     Lorsque le campement fut prêt, ils s’assirent tous les quatre autour du feu pour le repas. Ils discutaient peu, car seul Marcus parlait à peu près correctement l’anglais du vingtième siècle, ce qui limitait les possibilités de dialogue, même si Faith commençait à mieux comprendre leur version moyen-âgeuse à force de les entendre parler.
     Après le repas, ils établirent les tours de garde -Faith reçu la dernière partie de la nuit- et se couchèrent près du feu dans leur couvertures.

     Une jeune fille aux cheveux blonds les observait alors qu’ils dormaient. Elle était entourée de silhouettes sombres qui se déplaçaient rapidement et sans bruit. Elle et ses compagnons loups étaient quasiment indétectables, dans cette nuit sans lune.
     Tout était calme, le moine de garde alimentait le feu pour qu’il ne n’éteigne pas, tandis que les autres dormaient paisiblement après la longue chevauchée de la journée.
     Alors que la jeune fille leur tournait le dos et commençait à s’éloigner, l’un des loups poussa un grognement. Elle se retourna brusquement, tous ses sens en alerte et observa la nuit en silence. Elle entendit quelques petits bruits de frottements dans les arbres au dessus d’elle et fixa l’obscurité se demandant si autre chose que le vent pouvait en être responsable.
     Soudain, alors que le moine , qui ne s’était rendu compte de rien, tendait les mains vers le feu pour les réchauffer, une silhouette noire atterrit derrière lui et, avant même qu’il ait eu le temps de remarquer sa présence, lui ouvrit un large sourire sur la gorge d’un coup de couteau. D’autres silhouettes tombaient des arbres lorsque la jeune fille hurla un avertissement aux autres membres du groupe qui dormaient encore et s’élança, suivie des loups.
     Deux assassins se ruèrent sur le second moine qui mourut, avant même d’avoir le temps de prendre son arme, transpercé par deux épées dans la poitrine. Marcus et Faith furent plus chanceux, ils dégainèrent rapidement leurs armes et combattirent les assassins, dos à dos, chacun protégeant les arrières de l’autre. Mais leurs adversaires étaient nombreux et ils auraient été rapidement submergés par le nombre sans l’intervention de la jeune fille et des loups qui se précipitaient à leur secours.
     Faith élimina un premier assassin d’un coup de poignard dans le coeur, tout en parant l’attaque d’un autre agresseur avec l’une de ses dagues, avant de lui trancher la gorge. Elle en expédia ensuite rapidement trois autres ad patres mais chaque adversaire abattu était immédiatement remplacé.
     De son côté, Marcus avait plus de mal, son premier adversaire avait réussit à le blesser à la jambe gauche, ce qui gênait ses mouvements, de plus, il ne bénéficiait pas des réflexes, de la force et de l’endurance que Faith possédait de par son statut de tueuse et il se fatiguait rapidement.
     La jeune fille, quant à elle, tentait de se frayer, à coups d’épée, un chemin entre les assaillants, tandis que les loups cueillaient les nouveaux attaquants sautant des arbres, au moment où ils touchaient le sol.

     Le combat n’avait duré que quelques minutes, mais pour tous les trois, il avait semblé sans fin. Et c’était les muscles douloureux, à cause de la fatigue et de leurs nombreuses blessures, plus ou moins graves, qu’ils contemplaient la vingtaine de cadavres qui recouvraient le sol de la clairière. En plus des deux moines, morts sans avoir eu l’occasion de se défendre, il y avait là trois loups et une quinzaine de tueurs étendus sur le sol, leur sang, ainsi que celui des blessés, assombrissant la neige, faiblement éclairée par la lumière du feu.
     "Nous te devons la vie", dit Marcus, en français, à la jeune fille qui avait commencé à nettoyer ses blessures. "Quel nom devons-nous donner à notre sauveur ?"
     Elle le regarda un court instant avant de lui répondre. "J’avais un nom avant, mais je l’ai oublié... Par ici, les gens m’appellent Louve, tu n’as qu’à faire comme eux."

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