Aube de
lan 1000, Quelque part dans les Alpes française.
Le petit groupe sétait arrêté pour la nuit. Marcus et
Faith préparaient le campement, tandis que les deux autres moines cherchaient du bois
pour le feu.
"Nous approchons, du repaire des Tueurs Noirs, il nous
faudra donc redoubler de vigilance", dit Marcus, "car sils ont eu
connaissance de la prophétie, ils vont tenter de tout faire pour nous empêcher
dapprocher le lieu du rituel."
Faith acquiesça dun signe de tête, cétait
maintenant que les difficultés allaient commencer. Jusque là, ce voyage avait été un
plaisir, après plusieurs semaines emprisonnée dans sa cellule de la prison de Los
Angeles. Une chevauchée en plein air, même en hiver, était largement préférable à
lemprisonnement et Faith appréciait chaque instant de liberté.
Lorsque le campement fut prêt, ils sassirent tous les
quatre autour du feu pour le repas. Ils discutaient peu, car seul Marcus parlait à peu
près correctement langlais du vingtième siècle, ce qui limitait les possibilités
de dialogue, même si Faith commençait à mieux comprendre leur version moyen-âgeuse à
force de les entendre parler.
Après le repas, ils établirent les tours de garde -Faith reçu
la dernière partie de la nuit- et se couchèrent près du feu dans leur couvertures.

Une jeune fille aux
cheveux blonds les observait alors quils dormaient. Elle était entourée de
silhouettes sombres qui se déplaçaient rapidement et sans bruit. Elle et ses compagnons
loups étaient quasiment indétectables, dans cette nuit sans lune.
Tout était calme, le moine de garde alimentait le feu pour
quil ne néteigne pas, tandis que les autres dormaient paisiblement après la
longue chevauchée de la journée.
Alors que la jeune fille leur tournait le dos et commençait à
séloigner, lun des loups poussa un grognement. Elle se retourna brusquement,
tous ses sens en alerte et observa la nuit en silence. Elle entendit quelques petits
bruits de frottements dans les arbres au dessus delle et fixa lobscurité se
demandant si autre chose que le vent pouvait en être responsable.
Soudain, alors que le moine , qui ne sétait rendu compte
de rien, tendait les mains vers le feu pour les réchauffer, une silhouette noire atterrit
derrière lui et, avant même quil ait eu le temps de remarquer sa présence, lui
ouvrit un large sourire sur la gorge dun coup de couteau. Dautres silhouettes
tombaient des arbres lorsque la jeune fille hurla un avertissement aux autres membres du
groupe qui dormaient encore et sélança, suivie des loups.
Deux assassins se ruèrent sur le second moine qui mourut, avant
même davoir le temps de prendre son arme, transpercé par deux épées dans la
poitrine. Marcus et Faith furent plus chanceux, ils dégainèrent rapidement leurs armes
et combattirent les assassins, dos à dos, chacun protégeant les arrières de
lautre. Mais leurs adversaires étaient nombreux et ils auraient été rapidement
submergés par le nombre sans lintervention de la jeune fille et des loups qui se
précipitaient à leur secours.
Faith élimina un premier assassin dun coup de poignard
dans le coeur, tout en parant lattaque dun autre agresseur avec lune de
ses dagues, avant de lui trancher la gorge. Elle en expédia ensuite rapidement trois
autres ad patres mais chaque adversaire abattu était immédiatement remplacé.
De son côté, Marcus avait plus de mal, son premier adversaire
avait réussit à le blesser à la jambe gauche, ce qui gênait ses mouvements, de plus,
il ne bénéficiait pas des réflexes, de la force et de lendurance que Faith
possédait de par son statut de tueuse et il se fatiguait rapidement.
La jeune fille, quant à elle, tentait de se frayer, à coups
dépée, un chemin entre les assaillants, tandis que les loups cueillaient les
nouveaux attaquants sautant des arbres, au moment où ils touchaient le sol.

Le combat navait
duré que quelques minutes, mais pour tous les trois, il avait semblé sans fin. Et
cétait les muscles douloureux, à cause de la fatigue et de leurs nombreuses
blessures, plus ou moins graves, quils contemplaient la vingtaine de cadavres qui
recouvraient le sol de la clairière. En plus des deux moines, morts sans avoir eu
loccasion de se défendre, il y avait là trois loups et une quinzaine de tueurs
étendus sur le sol, leur sang, ainsi que celui des blessés, assombrissant la neige,
faiblement éclairée par la lumière du feu.
"Nous te devons la vie", dit Marcus, en français, à
la jeune fille qui avait commencé à nettoyer ses blessures. "Quel nom devons-nous
donner à notre sauveur ?"
Elle le regarda un court instant avant de lui répondre.
"Javais un nom avant, mais je lai oublié... Par ici, les gens
mappellent Louve, tu nas quà faire comme eux."